Réserve faunique Ashuapmushuan : chasse, chalets et grands espaces au nord du Lac-Saint-Jean

Réserve faunique Ashuapmushuan : chasse, chalets et grands espaces au nord du Lac-Saint-Jean

Chalets au lac Chigoubiche, chasse, pêche, route 167 et villages-relais : notre passage d'octobre dans la réserve faunique Ashuapmushuan.

La réserve faunique Ashuapmushuan est un territoire de 4 487 km² géré par la Sépaq, traversé par la route 167 entre La Doré et Chibougamau, à une trentaine de minutes au nord de Saint-Félicien. On y vient pour chasser l’orignal, l’ours ou la gélinotte, pêcher le doré et l’omble de fontaine, ou dormir dans un chalet au bord du lac Chigoubiche.

On y est montés au début d’octobre pour chasser des images, pas du gibier. Le vent soufflait fort. La pluie arrivait de côté. Et pourtant, on est repartis avec la tête pleine de lacs gris acier, d’épinettes noires et d’un coucher de soleil qu’on raconte encore.

Mise à jour : 21 octobre 2026

En collaboration avec Tourisme Saguenay–Lac-Saint-Jean

Où se trouve la réserve faunique Ashuapmushuan et comment s’y rendre?

La route 167, du dernier village au premier lac

Tout commence à Saint-Félicien, là où la route 167 prend son départ vers le nord. On roule une vingtaine de kilomètres jusqu’à La Doré, puis on entre en forêt. Le poste d’accueil Sud se trouve au kilomètre 33 de la route 167. Il est à 65 km de Roberval, à 318 km de Québec et à 497 km de Montréal.

La surprise, c’est la route elle-même. Lors de notre passage, l’asphalte était tout frais, d’un noir presque brillant sous la pluie. Les courbes s’enchaînent entre les lacs et les collines. Chaque virage donne envie d’arrêter le van pour sortir la caméra. On l’a fait souvent.

Un conseil : faites le plein à La Doré. Sur ce tronçon de la 167, on ne trouve des services qu’à La Doré et à Chibougamau. Le poste d’accueil Sud est ouvert de 7 h à 17 h, du 15 mai au 25 octobre en 2026. C’est là qu’on s’enregistre, qu’on paie ses droits d’accès et qu’on loue un canot ou une chaloupe.

Que signifie Ashuapmushuan et quel est son lien avec Mashteuiatsh?

Un nom innu, une ancienne route des fourrures

C’est Sonny qui nous a accueillis et fait découvrir les lieux. Il connaît le territoire par cœur et en parle avec fierté. Première leçon : le nom. Ashuapmushuan vient de la langue innue et signifie « là où l’on guette l’orignal ». Difficile de trouver plus juste.

Le territoire est fréquenté depuis des milliers d’années. Les Pekuakamiulnuatsh, la Première Nation de Mashteuiatsh, sur la rive ouest du lac Saint-Jean, y chassent et y pêchent toujours. Aujourd’hui, des employés pekuakamiulnuatsh et québécois travaillent côte à côte dans la réserve. On sent ce lien dans la façon dont on raconte les lieux.

La rivière Ashuapmushuan a longtemps été une grande route de commerce. Les canots chargés de fourrures y circulaient entre la baie d’Hudson et Tadoussac. En 1671 et 1672, le père Charles Albanel l’a remontée jusqu’à la baie James. Des postes de traite se sont installés aux lacs Ashuapmushuan et Nicabau. Les vestiges du poste de traite sont aujourd’hui classés par le ministère de la Culture. La réserve, elle, a célébré son 75e anniversaire en 2022.

Quand peut-on chasser dans la réserve faunique Ashuapmushuan?

Orignal, ours noir et petit gibier, selon les saisons

La réserve est d’abord une affaire de chasseurs. La saison 2026 en donne une bonne idée. La chasse à l’ours noir se faisait au printemps, du 27 mai au 26 juin, en forfaits de 4 jours. La Sépaq y annonce un taux de succès de plus de 80 %. La chasse à l’orignal, en zone 28, avait lieu du 11 au 25 septembre et passe par un tirage au sort.

Le petit gibier prend le relais en automne. On parle de gélinotte huppée, de tétras du Canada et de lièvre. En 2026, la chasse en séjour s’étend du 18 septembre au 25 octobre. À la journée, elle se pratique jusqu’au 28 octobre.

On l’avoue, on n’a croisé aucun chasseur pour nous raconter sa journée. La météo a gardé tout le monde au chaud. Mais on a vu les camps et ce silence particulier des bois en octobre. Pour la saison 2027, surveillez les dates du tirage au sort sur le site de la Sépaq.

Les pêcheurs ne sont pas en reste. La réserve compte plus de 1 200 lacs et rivières. On y pêche le doré jaune, l’omble de fontaine, le brochet, le touladi, le corégone et la perchaude. La ouananiche se pêche seulement dans la rivière Ashuapmushuan. En 2026, la pêche était ouverte du 15 mai au 7 septembre.

Où dormir dans la réserve : chalet au lac Chigoubiche ou camping au bord de l’eau?

Le secteur Chigoubiche, à une heure du poste d’accueil

Le cœur de la réserve, c’est le secteur Chigoubiche, au kilomètre 113 de la route 167. On compte environ une heure de route depuis le poste d’accueil Sud. Le poste Chigoubiche a un petit dépanneur. On y trouve de l’épicerie et de l’essence pendant la belle saison.

Les chalets du lac Chigoubiche sont posés tout près de l’eau. On en compte 10 : 3 chalets pour 2 ou 3 personnes et 7 pour 4 à 6 personnes. Juste à côté, le camping du lac Chigoubiche offre 14 emplacements avec bloc sanitaire. Plus au sud, le camping du lac du Milieu, au kilomètre 38, propose 10 emplacements rustiques. Un détail à retenir : l’eau n’est potable nulle part dans la réserve. Apportez vos bidons.

Et puis il y a eu ce coucher de soleil. Après une journée de vent et d’averses, le ciel s’est déchiré d’un coup au-dessus du lac. Orange, rose, puis violet. L’eau a pris toutes les couleurs. On est restés plantés là, la caméra à la main, sans trop parler. Ce moment-là valait toutes les heures de route.

Zec, pourvoirie ou réserve faunique : quelle différence?

Trois façons de vivre la chasse et la pêche au Québec

On mélange souvent les trois. Une réserve faunique, comme Ashuapmushuan, est un territoire public voué à la conservation et à la mise en valeur de la faune. La Sépaq en gère 13 au Québec. Une zec est un territoire de chasse, de pêche et de plein air sur les terres de l’État, géré par un organisme à but non lucratif. On en compte 63. Une pourvoirie est une entreprise privée qui offre hébergement et services. Certaines détiennent des droits exclusifs : seuls leurs clients peuvent y chasser et y pêcher.

C’est justement une pourvoirie qui devait compléter notre tournée. La Pourvoirie Damville, à Saint-Thomas-Didyme, dans la MRC de Maria-Chapdelaine, a une solide réputation. Son territoire à droits exclusifs couvre environ 11 300 hectares et 43 lacs. La rivière Ashuapmushuan le traverse. Les amateurs y viennent pour le brochet, le doré et la chasse guidée à l’orignal et à l’ours. Pour s’y rendre, un véhicule 4×4 est préférable.

La météo en a décidé autrement. Avec la pluie qui tombait sur les chemins forestiers, on a préféré remettre la visite. Ce n’est que partie remise.

Que voir en route vers la réserve faunique Ashuapmushuan?

Bleuetières rouges et villages-relais

Ce changement de plan nous a offert un beau détour par Saint-Félicien. Au début d’octobre, les champs de bleuets autour de la ville virent au rouge vif. Ce n’est pas un effet de lumière. À l’automne, la chlorophylle des feuilles s’efface et laisse paraître des pigments rouges, les anthocyanes. Les plants de bleuets sauvages s’embrasent alors d’un coup. Avec le ciel bas et les épinettes au loin, le rouge saute aux yeux.

Sur la route, on a aussi traversé deux villages-relais : Hébertville et La Doré. Un village-relais est une municipalité reconnue par le ministère des Transports et de la Mobilité durable. Elle doit offrir aux voyageurs un arrêt agréable et sécuritaire. On y trouve de l’essence et de quoi manger de 7 h à 21 h toute l’année, des toilettes accessibles jour et nuit, un stationnement pour tous les types de véhicules et une borne de recharge. Pour qui voyage en van, c’est une vraie bouée.

Hébertville, sur la route 169, est la municipalité fondatrice du Lac-Saint-Jean. Elle a été fondée en 1849 sous l’impulsion du curé Nicolas-Tolentin Hébert. On y trouve le mont Lac-Vert et un joli circuit patrimonial. La Doré, sur la route 167, est la dernière halte avant la réserve. Son Moulin des Pionniers, un ancien moulin à scie, vaut l’arrêt.

Faut-il y aller malgré la météo?

Notre verdict après un passage écourté

Oui. Ashuapmushuan ne se livre pas en un jour, et encore moins sous la pluie. Mais même un passage écourté donne envie de revenir. Avec des cannes à pêche en juin, peut-être. Ou avec un permis de chasse en poche, l’automne prochain. Et Damville garde sa place dans notre agenda.

Questions fréquentes sur la réserve faunique Ashuapmushuan

Ce qu’on nous demande le plus

Où se trouve la réserve faunique Ashuapmushuan?

Au Lac-Saint-Jean, le long de la route 167, entre La Doré et Chibougamau. Le poste d’accueil Sud est au kilomètre 33, à environ 30 minutes de Saint-Félicien.

Quelle est la superficie de la réserve faunique Ashuapmushuan?

Elle couvre 4 487 km² et compte plus de 1 200 lacs et rivières, selon la Sépaq.

Que veut dire Ashuapmushuan?

Le nom vient de la langue innue et signifie « là où l’on guette l’orignal ».

Peut-on dormir dans la réserve faunique Ashuapmushuan?

Oui. Le secteur du lac Chigoubiche offre 10 chalets et un camping de 14 emplacements avec bloc sanitaire. D’autres chalets et campings rustiques sont répartis sur le territoire.

Quand chasse-t-on l’orignal dans la réserve faunique Ashuapmushuan?

En 2026, la chasse à l’orignal avait lieu du 11 au 25 septembre, par tirage au sort. Les dates de 2027 seront publiées par la Sépaq.

Quelle est la différence entre une zec, une pourvoirie et une réserve faunique?

La réserve faunique est un territoire public géré par la Sépaq. La zec est gérée par un organisme à but non lucratif et ouverte à tous. La pourvoirie est une entreprise privée qui offre hébergement et services.

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