Road trip Tour du lac Saint-Jean en hiver : 5 jours sur la route 169

Road trip Tour du lac Saint-Jean en hiver : 5 jours sur la route 169

On avait dit ça en riant, autour de la table après le souper des fêtes : « L’hiver prochain, on fait le tour du lac. » Et puis là, en février, on s’est retrouvés à mettre des tuques dans le coffre arrière d’un Subaru et à prendre la 175 vers le nord. Faire le road […]

On avait dit ça en riant, autour de la table après le souper des fêtes : « L’hiver prochain, on fait le tour du lac. » Et puis là, en février, on s’est retrouvés à mettre des tuques dans le coffre arrière d’un Subaru et à prendre la 175 vers le nord. Faire le road trip Tour du lac Saint-Jean hiver, c’est une de ces idées qui semblent folles jusqu’au moment où on est dedans, et où là, on se dit qu’on aurait dû le faire bien avant.

La route 169 Québec hiver boucle le lac Saint-Jean sur environ 263 kilomètres. En été, c’est un classique. En hiver, c’est une autre affaire. La lumière est coupante, le lac disparaît sous la neige, les villages se resserrent autour de leurs feux. Pendant cinq jours, on a roulé en sens horaire, fenêtres givrées et café thermos entre les genoux. Voici ce qu’on a vu.

Le circuit complet qu’on décrit ici couvre l’arrivée depuis Québec jusqu’au dernier virage avant de rentrer, en passant par des arrêts qui valent chacun le détour. C’est un itinéraire concret, pas un catalogue de promesses.

La 175 vers le nord : entrer dans la région par le Parc des Laurentides

On savait qu’on entrait dans quelque chose de grand quand la 175 a commencé à grimper et que les épinettes ont pris toute la place. Le Parc national de la Jacques-Cartier est disparu dans les rétroviseurs, la radio a perdu le signal, et pendant un bon bout, le monde s’est réduit à une route blanche entre deux murs de forêt. C’est ça, le Parc des Laurentides en hiver : un sas de décompression géant. On entre stressé et on ressort calme.

La descente vers le Lac-Saint-Jean, elle, est un cadeau. La route dévale vers Hébertville, et quelque part entre les derniers caps rocheux et les premières maisons, on réalise qu’on est rendus dans une autre province de temps. Hébertville est tranquille, solide, comme si le village savait très bien ce qu’il est sans avoir besoin de le prouver. On y a fait le plein, pris un café au comptoir, et filé vers Saint-Gédéon pour la nuit.

Saint-Gédéon : première nuit à l’Auberge des Îles

L’Auberge des Îles Saint-Gédéon est posée sur le bord du lac comme si quelqu’un l’avait déposée là avec soin. En été, les gens viennent pour la plage. En hiver, c’est différent : le lac est blanc, les arbres sont chargés, et l’auberge prend une qualité de refuge qu’elle n’a sans doute pas le reste de l’année. La fenêtre de la chambre donnait directement sur l’étendue gelée. On a regardé le coucher de soleil sans bouger, avec l’impression que le lac nous rendait la pareille.

Le soir, on a mangé au chaud et parlé avec d’autres voyageurs qui faisaient le même tour dans l’autre sens. C’est drôle comme le road trip crée cette solidarité de passage : on échange des tuyaux, on se prévient d’une tempête annoncée vers Dolbeau, on se dit bonne chance avec un sourire entendu. On dort bien dans ce bout-là du monde. Le silence n’est pas vide, il est plein.

Val-Jalbert : le village fantôme sous la glace

Il faut y aller en hiver une fois dans sa vie. Val-Jalbert hiver, c’est un endroit qui aurait toutes les raisons d’être glauque et qui est, au contraire, étrangement beau. Les maisons abandonnées sont recouvertes de neige jusqu’aux fenêtres, les rues sont silencieuses, et la chute Ouiatchouan est à moitié figée dans la glace, une sculpture que personne n’a commandée.

On a pris le temps de marcher dans le village. Il faisait moins quinze, et chaque souffle formait un nuage. Ce qu’on ne s’attendait pas à trouver, c’est l’émotion. Il y a quelque chose dans un village qui a été vivant et qui ne l’est plus, surtout quand la neige efface les détails : on voit juste les formes, les volumes, les silences entre les bâtiments. Un guide nous a raconté que pendant la grande période d’activité de la pulperie, au début du vingtième siècle, des familles entières vivaient ici à l’année. Difficile à imaginer, encore plus difficile à oublier.

Zoo de Saint-Félicien : des animaux dans leur élément

Le Zoo de Saint-Félicien hiver est une de ces expériences qui dément les attentes. On s’imagine que les animaux se cachent quand il fait froid. C’est le contraire. Les loups sont actifs, les caribous marchent d’un pas décidé dans la neige, et les lynx, qu’on voit à peine en été, semblent plus curieux qu’à l’habitude.

Le Zoo de Saint-Félicien mise sur la faune boréale québécoise, et en hiver, ça prend tout son sens. On n’est pas dans un zoo tropical avec des espèces exotiques sous des lampes chauffantes : on est dans la forêt boréale, avec des animaux qui appartiennent exactement au paysage qu’on traverse depuis la veille. Le trajet en traineau à travers l’enclos des bisons reste le genre de moment dont on parle encore des mois après.

Dolbeau-Mistassini : pause en ville, air nordique

Dolbeau-Mistassini n’est pas le genre de ville qui cherche à épater. Elle est franche, habitée, avec un centre-ville qui ressemble à ce que les centres-villes devraient encore être : des commerces indépendants, des gens qui se saluent, un comptoir de snack bar qui sert le meilleur sandwich au jambon fumé qu’on a mangé de tout le voyage.

C’est aussi une ville qui sent le bois. Pas de manière déplaisante, mais comme un rappel constant de ce que l’économie locale a toujours été. En hiver, la ville a une qualité concentrée, resserrée sur elle-même. On y a fait une pause de deux heures, on a marché sur la rivière Mistassini gelée avec un habitant croisé au café, et on est repartis avec l’impression d’avoir vu quelque chose de vrai. Le Saguenay–Lac-Saint-Jean hiver, c’est aussi ça : des villes ordinaires qui ont quelque chose d’extraordinaire dans leur normalité.

Péribonka : nuit au Spa du Capitaine

Péribonka, c’est le bout du monde dans le bon sens de l’expression. Accroché à l’embouchure de la rivière Péribonka, le village est petit, discret, et abrite une adresse qui n’a rien de discret : le Spa du Capitaine Péribonka.

On est arrivés en fin d’après-midi, les os froids d’une journée de route. La cabane était chauffée au poêle à bois, les bains nordiques fument dans la neige, et la rivière gelée était à deux pas. On a passé le soir à alterner entre le chaud et le froid, entre le silence et les conversations à voix basses. C’est une de ces nuits où le temps change de texture. Le lendemain matin, on a trouvé des traces de renard autour de la cabane. Quelqu’un avait rôdé pendant qu’on dormait.

Dam-en-Terre : la nuit finale, face au lac

Le dernier soir, on voulait quelque chose de doux. Dam-en-Terre livre exactement ça. L’hébergement Dam-en-Terre offre des condos directement sur le bord du lac Saint-Jean, avec tout ce qu’il faut pour ne rien faire de particulier et appeler ça des vacances réussies.

Le lac était immense et blanc, les lumières des condos se reflétaient dans les vitres givrées, et dehors il faisait moins vingt. On a ouvert une bouteille, allumé tous les bougies qu’on avait achetées en chemin, et on a regardé la nuit tomber sur le lac comme si c’était la première fois qu’on voyait ça. Le matin, avant de partir, on a marché sur le lac. Sous les pieds, l’eau était là, quelque part, à un mètre sous la glace. C’est une pensée qui ne fait pas peur. Elle rappelle juste qu’on est vivants.

Pour planifier ton road trip

La meilleure période pour faire le road trip Tour du lac Saint-Jean hiver se situe entre la fin janvier et le début mars. La neige est au sol, les températures sont stables, et les activités hivernales tournent à plein régime. Il faut prévoir cinq jours minimum pour faire le tour sans se presser, sept jours si on veut vraiment s’arrêter. Un véhicule avec de bons pneus d’hiver est indispensable : la route 169 est bien entretenue, mais certains accès aux hébergements et aux attraits peuvent être enneigés.

Réserver les nuitées à l’avance est fortement conseillé, surtout pour l’Auberge des Îles, le Spa du Capitaine et Dam-en-Terre, qui affichent souvent complet les fins de semaine. Apporter des vêtements pour moins vingt, des bottes imperméables et une lampe frontale : les couchers de soleil arrivent tôt, et les couchers de soleil sur le lac Saint-Jean en hiver valent qu’on soit prêt.

Cet article a été produit en collaboration avec Tourisme Saguenay–Lac-Saint-Jean.

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