Québec en vacances

Road trip au-delà de la route 138: Immersion totale à Unamen Shipu

Notre Exploratrice Sandy Bernard a vécu toute une expérience à l'été 2021, en ayant la chance d'être invitée personnellement par la communauté innue de Unamen Shipu, au cœur de leur culture et de leurs traditions millénaires. Voici le récit de son aventure.

Kwei !  

Aujourd’hui, voici le mot qui résonne le plus à mes oreilles, telle une douce mélodie.  

Ce mot-là est un simple bonjour mais il a le pouvoir magique de me transporter tout droit dans mes souvenirs et de me redonner le sourire dans n’importe quelle situation. 

Des kilomètres et des expériences à mon actif, j’en ai! Mais je dois dire que ce séjour m’aura marqué à vie. Et de la meilleure des façons. 

Photo: Sandy Bernard

Revenons quelques mois en arrière.  

Un matin pluvieux de juillet 2021, je partais en direction de la côte nord sans trop savoir à quoi m’attendre.   

Au volant de mon Hyundai Kona, avec mon sac à dos et ma tente, je partais, remplie d’excitation, pour des centaines de kilomètres en direction de Kegaska, au bout de la route 138, là où m’attendait une aventure qui allait me faire voir le monde autrement. 

Pourtant, des expériences et des destinations qui ont marqué ma vie, j’en ai eu. Je suis chanceuse pour ça! Et si vous m’aviez dit, quelques mois en arrière, que j’allais vivre autant d’émotions en restant au Québec, je vous aurais probablement ri au nez.  

Dans la vie, je suis le genre de personne qui s’émerveille de rien, qui a apprit à vivre l’instant présent.  

Mettez-moi sur un banc quelque part ou au sommet d’une montagne, je vais observer les paysages, entendre le doux chant des oiseaux. Et juste ça, ça va me rendre heureuse. 

Mais rien ne vaut les émotions que j’ai pu vivre au sein de la communauté d’Unamen Shipu, à côté de La Romaine. 

Je ne le savais pas encore mais ce voyage allait changer ma vie, ma façon d’être et de penser.  

Je me nourris de ce genre d’expériences car je trouve que c’est ça qui fait l’être humain.  

Deux jours et 1000km après mon départ, j’arrivais (enfin!) à Kegaska, toute fébrile, et ne sachant pas à quoi m’attendre. 

J’attendais impatiemment le bateau qui allait venir me chercher.  

Une fois à quai, j’ai rencontré les quatre personnes qui allaient m’accompagner dans ce périple.  

Pour ne pas les nommer ici, ces personnes étaient piles au bon endroit au bon moment. Elles ont fait partie de l’expérience et sans eux, rien n’aurait été pareil. 

Je n’oublierai jamais les fous rires, la surdose de homard qu’on a pu manger, et surtout les petits moments qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire comme les marches dans la toundra avec la brume à nos pieds ou la cueillette du thé du labrador. 

Le départ en bateau était imminent et l’excitation ne cessait de monter. Une fois montés à bord de notre chaloupe, mes yeux et ma tête ne voulaient rien manquer. 

Les paysages défilaient à toute vitesse.  Les îles désertiques se succédaient. Après 45 minutes de navigation, c’est là qu’au milieu de nulle part, nous accostons à Unamen Shipu aussi appelé La Romaine (et non pas le barrage de la Romaine! ?).  

Une fois arrivés, nous sommes accueillis par Raymond, un homme fier de ses origines et un homme avec le cœur sur la main. Tout au long de notre trajet vers notre hébergement, il nous parlait fièrement de son village. Et on n’avait pas d’autre choix que de boire chaque parole qu’il nous disait. 

Arrivés à Innuberge, un regroupement de chalets construits pour accueillir les touristes, c’est là qu’on me proposait de vivre une expérience unique.  

Alors que les autres étaient confortablement installés dans leur chalet tout équipé, on m’accompagnait à ma tente innue, une tente traditionnelle.  

Sur le coup, vous devez probablement vous demander ce que je trouve de si extraordinaire là-dedans. 

Mais attendez un peu. Fermez les yeux. Imaginez l’odeur du sapin, le feu qui craque, un lit digne de nos souvenirs d’enfance. Et l’impression d’être seule au monde.  

La préparation de la tente est un moment privilégié que j’ai pu vivre avec la mère de Dolorès, fondatrice de Innuberge, qui était fière de m’en dire plus sur quelques histoires et légendes du coin. À ce moment-là, je me sentais comme dans ma famille. Et il n’y a pas de meilleure sensation que de se sentir chez soi ailleurs.   

Qui plus est, le matin au lever du soleil, j’avais la plus belle vue de tout le Québec. 

Alors oui, ce n’est pas la définition du luxe pour certains, mais pour moi c’est ça un 5* et je dirai même que si je pourrai l’évaluer 10*, je le ferai ! Rien au monde ne peut battre cette sensation-là.   

Après ces premiers instants forts en émotions et une première soirée qui s’achevait au sein de la communauté, nous partions pour l’île Apinipehekat. 

Avez-vous déjà rêvé de vivre au rythme insulaire et de vous réveiller le matin sur une île qui vous appartient?  

Avant d’arriver, je ne savais pas à quoi m’attendre. 

Après 20 minutes de navigation à travers les îles, des petites cabanes blanches se dessinaient à l’horizon. 

Et nous voilà arrivés sur une ile déserte avec comme habitation, quatre tentes, qui allaient devenir notre chez nous pour les quatre prochaines nuits. Mais ça, nous ne le savions pas encore…  

Une fois débarqués, nous sommes accueillis par Natasha, Daniel, Franck et j’en passe. Des gens avec le cœur sur la main et surtout une bonne humeur exceptionnelle !  

Une fois installés dans notre campement, c’est au coucher de soleil qu’on partait assister à la pêche au homard. C’était absolument magique !  

Imaginez aller assister à la pêche à votre souper? ? Un plaisir pur qui n’a pas de prix.   

Si vous êtes à la recherche de ressourcement, ce séjour est pour vous ! Pas d’électricité, chauffage au bois, seul au monde sur une ile déserte…c’est la meilleure thérapie du monde selon moi. 

Le lendemain, départ en bateau pour aller voir l’île aux oiseaux. Une île déserte mais habités par des milliers de petits pingouins et macareux. C’est impressionnant de les voir par milliers au-dessus de nos têtes. Un moment inoubliable !  

Nous avons également eu la chance d’avoir la visite de Josephis Bellefleur et de sa femme Anastasia, deux ainés très respectés au sein de leur communauté. 

Le temps d’un instant, Josephis est venu nous partager une vieille tradition, celle du tambour sacré. Un moment privilégié où Joséphis nous en apprenait plus sur cette tradition. Je dois avouer avoir versé une petite larme durant ce moment qui va rester pour toujours gravé dans mon cœur. 

L’île a tout pour elle. Imaginez voir la toundra en vous levant le matin ! On va se le dire, ça dépayse ! 

Marcher quand bon nous semble dans un paysage aussi féerique, cueillir du thé du labrador ou de la chicoutaie ne peut que nous redonner le sourire ! Sans oublier la dégustation de la bannique, le pain traditionnel, cuit sous le sable chaud.  On peut dire que ça change de la routine métro, boulot, dodo!  

Le lendemain, c’est avec le cœur gros qu’on se préparait pour notre départ. Mais la météo en a décidé autrement. La brume et le vent se sont ajoutés à la partie et nous avons dû rester deux jours supplémentaires.  

Mais vivre au rythme d’une île c’est aussi ça et ça fait partie de l’expérience. Je ne regrette aucun instant. Je dirai même que je m’ennuie de ces moments-là.  

Des moments à rire, des moments autour du feu, à jouer à des jeux de société avec la gang de l’île. Un séjour qui n’a pas le choix d’inciter de vivre le moment présent. Ajoutez à ça un paysage féerique, ça donne un voyage inoubliable.  

Merci pour tout. Merci pour ces moments qui resteront gravés pour toujours dans ma mémoire.  

Une chose est certaine, vous êtes toutes des personnes exceptionnelles, avec un cœur en or. Une communauté que je n’oublierai jamais. On vous appelle le peuple ricaneur et ce n’est pas pour rien ! 

Tshinashkumitin.  

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Cet article à été écrit par

Sandy

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