La Noce, le festival qui ose
Un rendez-vous culturel pas comme les autres, à Saguenay

On a suivi deux grands rendez-vous de l'été au Saguenay-Lac-Saint-Jean : La Noce à la Pulperie de Chicoutimi et le souper dans les rues de Roberval, pendant la Traversée internationale du lac Saint-Jean. Récit d'un séjour au départ de Québec.
On quitte Québec avant le lever du soleil. La 175 grimpe dans la réserve faunique des Laurentides, le café tiédit dans le porte-gobelet, et le paysage défile. Deux heures plus tard, le décor s’ouvre d’un coup. Le fjord d’un côté, le grand lac de l’autre. On respire un peu plus grand. Notre été au Saguenay-Lac-Saint-Jean commence.
S’il y a une chose qu’on a comprise cet été, c’est que le Saguenay-Lac-Saint-Jean ne se contente pas de ses paysages. La région bouillonne de culture. D’un bout à l’autre du lac, il ne se passe pas une fin de semaine sans un festival quelque part.
On pense à La Fabuleuse Histoire d’un Royaume, ce grand spectacle historique à ciel ouvert présenté à La Baie depuis des décennies. À Festirame, qui fait vibrer Alma. Au Festival des Rythmes du Monde et à Jonquière en Musique, qui remplissent les rues de Saguenay. À un Jazz Fest pour une ambiance plus feutrée. Et au Grand Rassemblement des Premières Nations, à Mashteuiatsh, qui célèbre la culture ilnu. Chaque ville a sa fête, chaque été.
Nous, on avait deux rendez-vous à couvrir. Un festival de musique qui n’a peur de rien, La Noce. Et une tradition sportive et gourmande unique au monde, la Traversée internationale du lac Saint-Jean. Deux ambiances, une même région qui vibre. Voici ce qu’on a vu.
Cet article est présenté en collaboration avec Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean.



Un rendez-vous culturel pas comme les autres, à Saguenay
La Noce, c’est né en 2017. Deux gars de Chicoutimi, qui voulaient monter un événement culturel différent dans leur coin de pays. Le pari a tenu. Chaque été, l’édition dite de coquelicot investit des lieux atypiques de la ville et fait défiler autant de têtes d’affiche que de découvertes. Il existe même une petite soeur hivernale, La Noce de laine.
Ce qu’on aime, c’est l’esprit. Pas de grande machine impersonnelle. On sent une équipe qui programme avec le coeur, un public de connaisseurs, et cette envie de faire vivre la culture autrement. Le genre de festival où on découvre son prochain groupe préféré sans l’avoir cherché.

Une soirée magique sur le site historique
Notre soirée se passait sur le site de la Pulperie de Chicoutimi. Les vieux bâtiments de pierre, la rivière tout près, la scène qui s’allume à la tombée du jour. La météo était de notre bord. Une de ces soirées d’été douces où on n’a pas envie que ça finisse.
On attendait surtout Angine de Poitrine. Le duo est devenu viral dans la dernière année, et on comprend vite pourquoi. Costumes d’extraterrestres, sonorités qu’on n’entend nulle part ailleurs, humour complètement décalé. Sur papier, ça ne devrait pas marcher. En vrai, la foule embarque à fond et on rit autant qu’on danse. C’est étrange, c’est brillant, et c’est encore meilleur en personne.
Puis Lou-Adriane Cassidy est montée sur scène. Changement complet de registre. Sa voix a rempli le site, le public s’est tu, et on a eu ce petit frisson qu’on cherche dans un spectacle. Deux propositions à l’opposé l’une de l’autre, la même soirée, le même site. C’est exactement ça, La Noce.



Un monument de la nage en eau libre depuis 1955
Changement de décor et de rythme. Direction Roberval, pour la Traversée internationale du lac Saint-Jean. Ne vous fiez pas au mot course. C’est un festival complet, et l’un des plus vieux du genre au monde.
L’événement existe depuis 1955. Plus de 70 ans que des nageurs viennent affronter le lac. L’épreuve reine, c’est le grand marathon de 32 kilomètres, de Péribonka à Roberval, une traversée mythique dans le milieu de la nage en eau libre. À côté, des épreuves plus courtes de 1, 2, 5 et 10 kilomètres ouvrent la fête à tout le monde. Cette année, les nageurs venaient d’une dizaine de pays. On sentait toute une région derrière eux.
La 72e édition se déroulait du 18 au 25 juillet 2026, et la programmation débordait largement du cadre sportif. Défi de vélo gravelle, courses à pied, activités pour les familles, présentation officielle des nageurs, puis grands spectacles en soirée: Classe Moyenne, Phillip Phillips, Fredz, Gab Bouchard et Les Trois Accords se sont succédé à la place de la Traversée, avant les feux d’artifice de clôture. Le samedi matin, les marathoniens plongeaient à Péribonka à 8 h pour rallier Roberval en début d’après-midi. Peu d’événements au monde peuvent se vanter d’attirer des nageurs d’élite au même endroit depuis 70 ans. Roberval se proclame capitale mondiale de la nage en eau libre, et pendant cette semaine-là, on n’a aucune misère à la croire.
Dix mille convives, une table d’un kilomètre, et de la tourtière
Le clou de notre séjour, c’est le souper dans les rues. Une tradition robervaloise devenue immense. Imaginez une table dressée sur plus d’un kilomètre, au centre-ville, et jusqu’à dix mille personnes assises côte à côte pour souper ensemble.
Au menu, la tourtière du Lac, la vraie, servie avec du ketchup maison comme le veut la coutume. Et de la tarte aux bleuets pour finir. On s’installe entre des gens qu’on ne connaît pas, on jase, on partage la salière. En quelques minutes, on n’est plus des visiteurs.
Il y a même un concours de la meilleure tourtière, rien de moins. Des cuisiniers du coin défendent leur recette de famille, un jury goûte, et le titre se joue sérieusement. On a goûté, on a comparé, on a pris position.
Puis vient le moment fort: la présentation des nageurs. Les athlètes défilent devant la foule avant la grande traversée, on les applaudit un à un, et un spectacle musical prend le relais dans les rues. La fête se poursuit tard. On a rarement vu une ville se rassembler comme ça.
Pour la nuit, on avait posé nos valises au Château Roberval, à deux pas du centre-ville, des restaurants et des services. Piscine intérieure, chambres bien aménagées: parfait pour récupérer après la fête.




Le Zoo sauvage et un coucher de soleil sur le lac
Entre les deux événements, on s’est gardé du temps. Une pause au Zoo sauvage de Saint-Félicien, d’abord, où ce sont un peu les humains qui sont en cage. On traverse le parc à bord d’un petit train grillagé pendant que les ours, les bisons et les caribous circulent en liberté autour. Prévoyez la demi-journée.
Et pour finir, une nuit à l’Auberge des îles, au bord du lac Saint-Jean. En fin de journée, le ciel a viré à l’orange, puis au rose, puis à un rouge qu’on n’invente pas. Un coucher de soleil complètement fou, les pieds presque dans l’eau. On est restés là, sans parler, jusqu’à la dernière lueur.

Ce qu’on rapporte d’un été au Lac
Un festival qui ose, une traversée légendaire, un souper à ciel ouvert pour dix mille personnes. En quelques jours, on a pris la mesure de ce que le Saguenay-Lac-Saint-Jean sait faire l’été: rassembler.
Si vous cherchez un coin du Québec qui vibre de juin à septembre, mettez celui-là en haut de la liste. Pour vous inspirer, jetez un oeil à nos plus beaux itinéraires d’été au départ de Québec et à nos incontournables du Québec, région par région.
Nous, on sait déjà qu’on va y retourner.
En collaboration avec Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean.







